Istanbul

Istanbul est la plus grande ville de Turquie, une métropole de plus de 15 millions d'habitants répartie entre l'Europe et l'Asie, sur les deux rives du Bosphore. Des colons grecs la fondèrent sous le nom de Byzance au VIIe siècle av. J.-C. ; refondée en Constantinople en 330, elle fut pendant près de 16 siècles la capitale des empires romain, byzantin, latin et ottoman. La République a transféré la capitale à Ankara, mais mosquées et palais impériaux couronnent toujours ses collines, et les zones historiques d'Istanbul sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985.

On y vient pour Sainte-Sophie, le palais de Topkapı et les bazars couverts, pour les ferries qui relient deux continents et pour des quartiers qui ressemblent chacun à une ville différente, des ruelles pavées de Balat aux cafés de Kadıköy. La ville convient aux premiers séjours, aux gourmands et aux amateurs de culture, le temps d'un long week-end ou d'un mois tranquille. La location de vacances y prend surtout la forme d'appartements, des logements dans les immeubles anciens de Galata et de Cihangir aux appartements des quartiers résidentiels de la rive asiatique.

Où loger sur la rive européenne

Sultanahmet, sur la péninsule historique du district de Fatih, met Sainte-Sophie, la Mosquée bleue, le palais de Topkapı et la citerne Basilique à quelques minutes à pied : c'est la base évidente d'une première visite tournée vers les monuments. Très fréquenté le jour, le quartier se calme le soir.

De l'autre côté de la Corne d'Or, le district de Beyoğlu, l'ancienne Péra, convient à ceux qui cherchent restaurants, galeries et vie nocturne. Galata et Karaköy entourent la tour médiévale de Galata près de l'eau, Cihangir est un quartier résidentiel prisé sur la pente, et l'avenue İstiklal monte jusqu'à la place Taksim, nœud de bus, de métro et de funiculaire.

Plus au nord, le district de Beşiktaş englobe le palais de Dolmabahçe et des quartiers au bord de l'eau comme Ortaköy, Arnavutköy et Bebek, agréables pour les longs séjours avec vue sur la mer. À l'intérieur des terres, à Şişli, Nişantaşı est connu pour ses boutiques haut de gamme et ses immeubles Art nouveau.

La rive asiatique, Balat et les quartiers calmes

La rive asiatique montre le visage plus résidentiel d'Istanbul, où vivent beaucoup d'habitants qui traversent chaque jour en ferry. Kadıköy, l'antique Chalcédoine, est le centre culturel et libéral de ce côté, avec un marché animé près de l'embarcadère, des librairies, des cinémas et des bars. Moda, juste au sud du centre de Kadıköy, est un quartier résidentiel plus calme et ancien, avec cafés et promenades au bord de la mer, tandis que l'avenue Bağdat, qui traverse le district, est une grande artère commerçante.

Üsküdar, un peu plus au nord, possède des mosquées historiques et une promenade face à la tour de Léandre, petite tour posée sur un îlot qui remonte à l'époque byzantine. Les ferries relient ces deux districts à Eminönü, Karaköy et Beşiktaş, sur la rive européenne.

Sur la rive européenne, Balat et son voisin Fener bordent la rive ouest de la Corne d'Or. Balat fut le centre historique de la communauté juive, et ses maisons de pierre, souvent repeintes de couleurs vives, abritent aujourd'hui cafés et logements pour visiteurs.

La péninsule historique et ses monuments

Sainte-Sophie fut achevée en 537 sous l'empereur Justinien Ier et resta la cathédrale de Constantinople jusqu'en 1453. Elle devint ensuite mosquée, musée à partir de 1935, puis de nouveau mosquée en 2020. En face, la mosquée du sultan Ahmed, bâtie entre 1609 et 1617, doit son surnom de Mosquée bleue aux carreaux d'Iznik de son intérieur. Le palais de Topkapı, commencé en 1459, fut la résidence principale des sultans jusqu'au départ de la cour pour Dolmabahçe dans les années 1850 ; c'est aujourd'hui un musée.

Tout près, la citerne Basilique est un réservoir byzantin du VIe siècle sous les rues. La mosquée Süleymaniye, œuvre de Mimar Sinan inaugurée en 1557, domine la Corne d'Or, et le Grand Bazar et le bazar aux épices comptent parmi les marchés couverts les plus connus de la ville.

Beaucoup de ces monuments sont des mosquées en activité : habillez-vous sobrement et suivez les consignes affichées à chaque entrée.

Histoire et culture

Le site était habité bien avant les Grecs : des vestiges néolithiques du VIe millénaire av. J.-C. ont été mis au jour sur la péninsule historique. Des colons de Mégare fondèrent Byzance vers 660 av. J.-C., et en 330 l'empereur Constantin proclama sa nouvelle ville chrétienne, Constantinople, capitale de l'Empire romain. Pendant mille ans, elle fut le siège des empereurs byzantins et un foyer de la culture grecque et du christianisme orthodoxe.

En 1453, le sultan ottoman Mehmed II prit la ville, qui devint la capitale d'un empire étendu sur trois continents. Des architectes comme Mimar Sinan couvrirent son horizon de coupoles et de minarets. Le nom d'Istanbul viendrait, selon l'explication la plus répandue, d'une expression grecque signifiant vers la ville.

Après la fondation de la République de Turquie en 1923, la capitale passa à Ankara, mais Istanbul resta le centre économique et culturel du pays, et sa population a environ décuplé depuis les années 1950 avec l'arrivée d'habitants de toute l'Anatolie.

Venir et se déplacer

L'aéroport d'Istanbul (IST), ouvert en 2018 dans le district d'Arnavutköy, sur la rive européenne près de la mer Noire, accueille la plupart des vols internationaux et rejoint la ville par la route et par la ligne de métro M11. L'aéroport international Sabiha Gökçen (SAW), sur la rive asiatique au sud-est, sert surtout les compagnies à bas coût. Tous deux sont loin du centre : prévoyez large pour les transferts, surtout aux heures de pointe.

La voiture est inutile et la circulation dense. Le métro dessert les deux rives, le tunnel ferroviaire Marmaray relie l'Europe et l'Asie sous le Bosphore depuis 2013, et le tramway T1 va de Kabataş à la vieille ville en passant par Eminönü. Les ferries traversent entre les rives et desservent les îles des Princes, et un funiculaire monte de Kabataş à Taksim. Une seule carte sans contact, l'Istanbulkart, sert partout.

Les conditions d'entrée dépendent de la nationalité : certains passeports sont dispensés de visa, d'autres peuvent passer par le système officiel de visa électronique turc ; vérifiez avant le départ.

Le Bosphore et les excursions

Remonter en ferry le Bosphore, détroit entre la mer Noire et la mer de Marmara, est la sortie la plus simple. Ses rives sont bordées de palais, de mosquées et de yalı, demeures en bois au bord de l'eau bâties par des familles ottomanes pour l'été.

En mer de Marmara, les îles des Princes sont au nombre de neuf, dont Büyükada, Heybeliada, Burgazada et Kınalıada sont les plus grandes. Hors véhicules de service, les moteurs y sont interdits : on circule à pied, à vélo ou en petits véhicules électriques, et la colline d'Aya Yorgi, sur Büyükada, culmine à environ 200 m.

Au nord de la ville, la forêt de Belgrade couvre environ 5 500 hectares et conserve des réservoirs d'époque byzantine et ottomane. Plus loin, Bursa, l'une des premières capitales ottomanes, abrite les tombeaux des premiers sultans au pied du mont Uludağ, près du village de Cumalıkızık, à 10 km environ. Edirne, près des frontières grecque et bulgare, possède la mosquée Selimiye, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO ; comptez une longue journée ou une nuit sur place.

Climat et meilleure période

Istanbul a un climat tempéré et maritime, façonné par les deux mers qui l'entourent. En juillet et en août, les maximales moyennes tournent autour de 29 à 30 °C et les nuits restent douces, vers 20 °C, mais l'humidité rend le plein été plus lourd que ne le disent les chiffres. Les hivers sont frais, humides et souvent nuageux, avec des maximales d'environ 9 °C en janvier et des pluies fréquentes ; certains hivers apportent de fortes chutes de neige qui perturbent les transports.

Le printemps, d'avril au début de juin, et l'automne, en septembre et en octobre, sont les saisons les plus agréables pour marcher, avec des températures douces et moins de monde qu'en plein été. Au printemps, les tulipes fleurissent dans les parcs, dont le parc d'Emirgan, au bord du Bosphore, qui accueille un festival annuel des tulipes depuis 2005. L'hiver convient aux séjours tournés vers les musées, et les grands sites sont bien plus calmes. En toute saison, prévoyez de bonnes chaussures : la ville s'étend sur des dizaines de collines escarpées.

Bon à savoir

Où loger à Istanbul ?

Pour une première visite tournée vers les monuments, Sultanahmet met l'essentiel à portée de pied. Beyoğlu, avec Galata, Karaköy et Cihangir, convient à ceux qui cherchent restaurants et vie nocturne. Kadıköy et Moda, sur la rive asiatique, sont plus résidentiels, et Beşiktaş offre des quartiers au bord du Bosphore.

Istanbul est-elle en Europe ou en Asie ?

Les deux. Le Bosphore coupe la ville, et environ deux tiers des habitants vivent sur la rive européenne, où se trouvent la péninsule historique et Beyoğlu. Les autres vivent sur la rive asiatique, dans des districts comme Kadıköy et Üsküdar. Ferries, tunnel Marmaray, ponts et tunnel routier relient les deux rives.

Quelle est la meilleure période pour visiter Istanbul ?

Le printemps, d'avril au début de juin, et l'automne, en septembre et en octobre, offrent un temps doux pour marcher. Juillet et août sont chauds et humides, avec des maximales moyennes de 29 à 30 °C. L'hiver est frais et pluvieux, autour de 9 °C en janvier, mais les sites sont plus calmes.

Quel aéroport choisir pour Istanbul ?

L'aéroport d'Istanbul (IST), sur la rive européenne près de la mer Noire, accueille la plupart des vols internationaux et rejoint la ville par la ligne de métro M11 et par la route. L'aéroport international Sabiha Gökçen (SAW), sur la rive asiatique, sert surtout les compagnies à bas coût. Les deux sont loin du centre.

Combien de jours faut-il pour visiter Istanbul ?

Trois ou quatre jours suffisent pour la péninsule historique, Sainte-Sophie, Topkapı, les bazars et un ferry sur le Bosphore. Une semaine permet d'ajouter la rive asiatique, Balat et les îles des Princes sans se presser, et un séjour plus long en appartement permet de vivre la ville comme un habitant.

Comment s'habiller pour visiter les mosquées d'Istanbul ?

Habillez-vous sobrement et suivez les consignes affichées dans chaque mosquée. Beaucoup de mosquées historiques d'Istanbul sont des lieux de culte en activité : les conditions de visite peuvent changer autour des heures de prière, renseignez-vous sur place et restez discret à l'intérieur.

Faut-il une voiture à Istanbul ?

Non. La circulation est dense et le stationnement difficile, alors que le métro, les tramways, le Marmaray, les funiculaires, les bus et les ferries desservent presque tous les lieux de visite. Une seule Istanbulkart sans contact sert partout. La voiture n'est utile que pour les sorties lointaines.

Les locations de vacances à Istanbul nécessitent-elles une autorisation ?

Oui. Selon la loi turque n° 7464, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, louer un logement à des touristes pour des périodes allant jusqu'à 100 jours exige une autorisation du ministère de la Culture et du Tourisme, dont la plaque est apposée à l'entrée, et les hôtes déclarent l'identité des voyageurs aux autorités. Consultez les consignes actuelles du ministère.

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